Bientôt la jeune femme n'avait rien trouvé d'autre à faire pour nourrir sa belle mère que de porter son vieux visage à son sein et la vieille sans doute revenue en enfance avait tété doucement son lait insipide. L'enfant était devenue de jour en jour plus goulue, et la vieille de jour en jour plus faible. Un rien la rassasiat, elle disparaissait.Je suppose que nous sommes tous d'accord qu'il vaut mieux ça que le contraire et ... que ça va mieux en le disant. Mais ça me fait aussi penser que la belle mère et sa petite fille sont soeurs de lait...
Jusqu'à ce matin où on la retrouva morte...
La vieille avait cédé la place à l'enfant qui jouissait désormais seule du lait de Frasquita.
Rose of Sharon, de la famille migrante étatsunienne des Joad, accouche dans les pages précédentes d'un enfant mort-né. Peu de temps après, le camp est inondé, et les derniers Joad se remettent en route, à pied, pour trouver abris dans une grange. Dans un coin de celle-ci, un garçon attire leur attention sur son père qui est en train de mourir de faim. Ma (la mère) fait alors sortir tout le monde de la grange à l'exception de cet homme et de sa propre fille.....
"For a minute Rose of Sharon still in the whispering barn. Then she hoisted her tired body up and drew the comfort about her. She moved slowly to the corner and stood looking down at the wasted face, into the wide, frightened eyes. Then slowly she lay down beside him. He shook his head slowly from side to side. Rose of Sharon loosened one side of the blanket and bared her breast. "You got to," she said. She squirmed closer and pulled his head close "There!" she said. "There." Her hand moved behind his head and supported it. Her fingers moved gently in his hair. She looked up and across the barn, and her lips came together and smiled mysteriously."
The Grapes of Wrath, Text and Criticism. Ed. Peter Lisca. New York: Viking, 1972, 453.
"Dans la grange pleine de chuchotements et de murmures, Rose de Sharon resta un instant immobile. Puis elle se remit péniblement debout, serrant le châle autour de ses épaules. Lentement, elle gagna un coin de la grange et se tint plantée devant l'étranger, considérant la face ravagée, les grands yeux angoissés. Et lentement elle s'étendit près de lui. Il secoua faiblement la tête. Rose de Sharon écarta un coin du châle, découvrant un sein.- Si, il le faut, dit-elle.Elle se pressa contre lui et attira sa tête vers elle.- Là! Là.Sa main glissa derrière sa tête et la soutint. ses doigts caressaient doucement les cheveux de l'homme. Elle leva les yeux, puis les baissa et regarda autour d'elle dans l'ombre de la grange. Alors ses lèvres se rejoignirent dans un mystérieux sourire."
STEINBECK (JOHN) Les raisins de la colère. Gallimard, Paris, 1947. Traduit de l'anglais par Marcel Duhamel et M.-E Coindreau.
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jeudi 17 novembre 2011
Page 94 in "Le coeur cousu" de Carole Martinez, 2007
Extrait du grand succès de librairie et cependant très honorable roman que j'ai lu dans son édition Folio Gallimard :
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