mercredi 30 mars 2016

Fontaine de Diane d'Ephèse à Tivoli

Je ne sais si l'eau est potable mais en tout cas c'est une image réjouissante...


dimanche 27 mars 2016

Caricature d'actualité

C'est une image cruelle et malheureusement d'actualité. Elle circule sur fesse de boucs et malheureusement je n'en connais ni la source, ni l'auteur. Si quelqu'un peut en dire plus je suis preneuse. Voici la traduction qu'on m'a donnée des inscriptions en arabe.
En haut, c'est écrit :"Le Wahabisme et le terrorisme" et juste au dessus de ceux qui tètent, à gauche "Daech et ses frères" et à droite "El Qâida et ses frères"


samedi 10 octobre 2015

Téter le Christ

Extraits de l'article trouvé sur le site du Centre de mystique chrétienne, spiritualité chrétienne - Rennes (35) par Jean-Pierre Mathias.

Dans les Odes de Salomon, Jésus déclare : « Mes seins, je les leur réservai, pour qu’ils boivent de mon saint lait » .
Guillaume de Saint-Thierry [1075-1148] écrit sur les « deux seins de l’Époux dont est tiré le lait de tous les mystères ».
Quatre soeurs rapportent une vision que Claire atteste avoir eu en rêve, cet événement du rêve de Claire se situerait après 1228, donc proche de la canonisation de son ami François, et antérieur à la rédaction de son testament : « Madame Claire racontait qu’une fois, en rêve, elle s’était vue portant à saint François une cuvette d’eau chaude avec une serviette pour s’essuyer les mains. Elle montait une échelle très haute, mais elle le faisait avec autant d’aisance et de légèreté que si elle avait marché sur un terrain plat. Lorsqu’elle fut arrivée à saint François, celui-ci sortit de sa poitrine une mamelle et lui dit : ’Viens, reçois et suce !’. Elle le fit, puis saint François la pria de sucer une deuxième fois. Et ce qu’elle goûtait ainsi lui paraissait si doux et délectable qu’elle n’aurait pu l’exprimer en aucune manière. Et après qu’elle eût sucé, ce bout de sein d’où sort le lait demeura entre les lèvres de Claire : elle prit avec les mains ce qui lui était ainsi resté dans la bouche, et cela lui parut de l’or si clair et si brillant qu’elle s’y voyait toute comme en un miroir. »
 
http://www.cmchr.net/Teter-le-Christ.html

mardi 11 mars 2014

"Les raisins de la colère" de Steinbeck 1939

A la fin de ce roman de 1939, Rose of Sharon, de la famille migrante étatsunienne des Joad, a accouché dans les pages précédentes d'un enfant mort-né. Peu de temps après, le camp est inondé, et les derniers Joad se remettent en route, à pied, pour trouver abris dans une grange. Dans un coin de celle-ci, un garçon attire leur attention sur son père qui est en train de mourir de faim. Ma (la mère) fait alors sortir tout le monde de la grange à l'exception de cet homme et de sa propre fille.....

"For a minute Rose of Sharon still in the whispering barn. Then she hoisted her tired body up and drew the comfort about her. She moved slowly to the corner and stood looking down at the wasted face, into the wide, frightened eyes. Then slowly she lay down beside him. He shook his head slowly from side to side. Rose of Sharon loosened one side of the blanket and bared her breast. "You got to," she said. She squirmed closer and pulled his head close "There!" she said. "There." Her hand moved behind his head and supported it. Her fingers moved gently in his hair. She looked up and across the barn, and her lips came together and smiled mysteriously."
The Grapes of Wrath, Text and Criticism. Ed. Peter Lisca. New York: Viking, 1972, 453.
"Dans la grange pleine de chuchotements et de murmures, Rose de Sharon resta un instant immobile. Puis elle se remit péniblement debout, serrant le châle autour de ses épaules. Lentement, elle gagna un coin de la grange et se tint plantée devant l'étranger, considérant la face ravagée, les grands yeux angoissés. Et lentement elle s'étendit près de lui. Il secoua faiblement la tête. Rose de Sharon écarta un coin du châle, découvrant un sein.- Si, il le faut, dit-elle.Elle se pressa contre lui et attira sa tête vers elle.- Là! Là.Sa main glissa derrière sa tête et la soutint. ses doigts caressaient doucement les cheveux de l'homme. Elle leva les yeux, puis les baissa et regarda autour d'elle dans l'ombre de la grange. Alors ses lèvres se rejoignirent dans un mystérieux sourire." STEINBECK (JOHN) Les raisins de la colère. Gallimard, Paris, 1947. Traduit de l'anglais par Marcel Duhamel et M.-E Coindreau.

samedi 7 décembre 2013

Carte postale de Xavier Sager



Trouvée dans le livre " Le culte des seins" de Catherine Pochon, et Allan Rotschild (Démocratic book 2010) où il n'y a même pas une ligne sur la Charité Romaine qui a du échapper aux auteurs... ou peut-être à moi qui n'ai fait que le consulter rapidement.

lundi 25 février 2013

Allaiter des serpents ?

Je ne sais plus où j'ai lu que ça représentait un vice : la luxure. Vraiment ? En tout cas c'est un petit bijou sur un chapiteau de l'église de Langogne (48) du 12ième siècle ou à peu près... Un petit peu à côté du sujet, je le concède...

jeudi 3 janvier 2013

Rétrospectives, un roman de A.B. Yehoshua, 2011

 


A la bibliothèque, le livre m'a sauté aux yeux, et il y avait de quoi... Quand au contenu du roman, il tient les promesses de la couverture ( reproduction d'un tableau de Jean Baptiste Deshays, 18ième siècle)... puisqu'il tourne autour de cette image de vieillard allaité par une jeune femme que le héros-narrateur du livre a rennoncé à filmer dans sa jeunesse et qu'il se retrouve "forcé" de mettre en scène sur le tard.
Et plutôt que de piété filiale il me semble qu'il s'agit d'une allégorie de la jeunesse. C'est bien écrit, je n'ai pas encore tout lu. Faites le détour... Aux éditions Grasset. Traduit de l'hébreu par Jean Luc Allouche. 2011 ! Je découvre qu'il a eu le prix médicis étranger aussi.


Jacques Antoine Beaufort, 18ième siècle

Pour en savoir plus sur ce tableau dont j'aime les bleus et le flou... allez sur la base Joconde !


vendredi 24 février 2012

Tétaïre, de l'usage de la pipe

Voici le message envoyée par Valérie Cabrol qui nous avait déjà fourni des informations passionnantes et documentées sur les tétaïres. Elle réagit sur l'extrait du roman "Les âmes fortes" de Jean Giono que je cite dans le précédent article
Bonsoir,
Je viens de lire le dernier texte de votre blog, j'avais oublié cette technique et j'ai retrouvé l'une de mes sources historiques qui cite la "pipe à téter" : Avis aux mères qui veulent nourrir leurs enfants - Marie-Angélique LE REBOURS - Ultrecht, Paris, chez Lacombe - 1767.
"Il est nécessaire, avant tout, de bien faire sortir les bouts de sein. Il suffit pour cela de prendre une pipe dont on casse le tuyau à une longueur convenable pour que la mère puisse le tenir dans la bouche, la noix de la pipe étant sur le bout." p. 2 et 3.
Cette pipe bricolée sert également à tirer le lait lorsque l'enfant ne "prend pas, c'est alors qu'il serait prudent de tirer le lait soit avec la pipe, soit avec de petites fioles de verre que l'on trouve chez les faïenciers, ou en se faisant téter par une personne au fait, ou par un autre enfant ou enfin par de petits chiens." (p.6)
Ici, c'est la mère qui se tête avec la pipe !
Je ne connaissais pas le texte de Giono qui met donc en scène une personne "au fait" (une tétaïre) utilisant un accessoire en guise de tire-lait, qui a pu prendre d'ailleurs de multiples formes !
Merci d'enrichir encore ma réflexion sur ce thème.
Cordialement
V.CABROL

samedi 11 février 2012

Les âmes fortes de Jean Giono, 1950

En commençant ce blog, ma première idée était que le motif devait exister dans Giono... Mais impossible de mettre la main dessus ! Certes je n'avais pas tout lu. Aujourd'hui je lis pour la première fois "Les âmes fortes" (Folio Gallimard 2001) et en dehors du fait que je connais bien le pays dont parle l'auteur, j'y découvre la description d'une héroïne, Madame Numance, "une femme qui ne cesse pas de faire le bien" à la page 148 :
... Elle recommence à payer les notes de docteur, les notes de boulanger, les notes d'épicerie de cent ménages. Elle est marraine d'une marmaille à faire frémir. Elle arrive même -(et il faudrait la peindre sur la muraille d'une église)- à aller, avec son toujours joli visage, téter, avec l'aide d'une pipe en terre, de nouvelles accouchées qui ont des abcès aux seins. Elle attaque la misère et la douleur partout où elles se trouvent. C'est le Napoléon du malheur.
Nous voici donc avec une tétaïre au féminin qui plus est de la bonne société. Pour en savoir plus sur les tétaïres, cliquez sur le mot !

jeudi 17 novembre 2011

Page 94 in "Le coeur cousu" de Carole Martinez, 2007

Extrait du grand succès de librairie et cependant très honorable roman que j'ai lu dans son édition Folio Gallimard :
Bientôt la jeune femme n'avait rien trouvé d'autre à faire pour nourrir sa belle mère que de porter son vieux visage à son sein et la vieille sans doute revenue en enfance avait tété doucement son lait insipide. L'enfant était devenue de jour en jour plus goulue, et la vieille de jour en jour plus faible. Un rien la rassasiat, elle disparaissait.
Jusqu'à ce matin où on la retrouva morte...
La vieille avait cédé la place à l'enfant qui jouissait désormais seule du lait de Frasquita.
Je suppose que nous sommes tous d'accord qu'il vaut mieux ça que le contraire et ... que ça va mieux en le disant. Mais ça me fait aussi penser que la belle mère et sa petite fille sont soeurs de lait...

dimanche 19 juin 2011

Brassens, sans ambigüité

Dans la chanson "Je suis un voyou", Georges Brassens nous livre une jolie variation sur un souvenir amoureux.
J'ai perdu la Tramontane
en trouvant Margot
....
Elle doit avoir à l'heure
A l'heure qu'il est
Deux ou trois marmots en pleurs
Pour avoir leur lait
Et moi j'ai tété leur mère
Longtemps avant eux
Le Bon Dieu me le pardonne
J'étais amoureux
...
à écouter en ligne sur you tube

mercredi 25 mai 2011

Charité Romaine au féminin

Ces représentations sont rares aussi j'ai capturée celle que j'ai trouvée sur wikicommon (libre de droits). Elle date de 1808 et est signée Eberhard Wächter, disent-ils. Pour savoir ce que ça raconte référez vous à Valère Maxime ou Pline L'Ancien

vendredi 22 avril 2011

Un dessin de Jean Auguste Dominique Ingres
















Avec l'aimable autorisation du Musée Ingres à Montauban. Merci.

dimanche 27 février 2011

La bosse du commerce et la misère du monde, alertez les bébés !


















J'espère que les "fournisseuses" sont badgées et qu'elles ont toutes leur  boucle d'oreille réglementaire. Sont-elles en stabulation libre où on-t-elle le droit d'aller à macmachin se faire un petit en-cas aux ogm ? Sont-elles interdites de farines animales et d'antibiotiques ? Les bébés ne risquent-ils pas de contaminer (staphylocoques) leurs mères et donc le client ?
Quand aux clients, se posent-ils la question de la digestibilité d'un produit glacé alors qu'il est fait pour être consommé tiède ?
Questions subsidiaires : Quelle est la marge du fabriquant ? Combien lui a rapporté sa campagne de com internationale ? Paye-t-il les fournisseuses avec du  lait maternisé ?

samedi 26 février 2011

Une énigme dans "Les nuits facétieuses" de Straparola

Ce n'est pas ce que je préfère chez Straparola, les énigmes posées à la fin de chaque récit, aussi j'avais plutôt tendance à ne les parcourir que très distraitement, mais celle ci m'a attiré l'oeil quand même... Extrait :
Je suis encore jeune, en la fleur de mes ans,
Toutefois, je suis mère à qui m'a donné vie,
A mon père grison, dont la tête envieillie,
Trébuche à chaque pas sur ses genoux tremblant;
Et du lait nourricier qui de mes tétins blancs
Enfle mollettement la voussure arrondie
Je nourris un enfant qui jeune m'a nourrie,
Et épousa ma mère, il y a longtemps.
Donc trois et quatre fois heureuse et fortunée
Soit l'heure et le moment de l'heureuse journée
Que première je vis la lumière des cieux,
Puisqu'il fallait ainsi que je fusse fille et mère,
Et que de ma mamelle (ô grand'bonté des dieux!)
J'allaitasse l'enfant qui vieillard est mon père.
... la demoiselle se prêtant à rire, l'interpréta en ces termes : "Il était un bon vieillard innocent qui, contre toute justice et équité, avait été condamné à une perpétuelle prison, où l'on ne lui donnait rien à manger, afin qu'il mourût de faim; sa fille, sachant ce jugement, allait tous les jours visiter ce brave homme, et le nourrissait du lait de sa mamelle, l'allaitant comme un petit enfant. ainsi étant fille elle devint mère, nourrissant celui qui l'avait engendrée"
Dans "Les nuits facétieuses "( paru en 1550), les enfants des héroïnes semblent être systématiquement confiés à des nourrices... Voir au sujet de l'appropriation par les hommes du corps des femmes l'article précédent sur l'histoire du sein. En effet, on peut se demander aussi, comme dans la plupart des Charités Romaines, où est l'enfant grâce auquel la jeune femme a du lait... La mortalité infantile était-elle la norme à ce point là ? Le machisme des artistes tel, que la question ne se posait même pas ? 
Ce qui m'amuse dans cette version  (contrairement aux versions romaines) c'est que le vieillard est considéré comme innocent.
STRAPAROLA Giovan Francesco, Les nuits facétieuses, traduction et postface de Gayraud Joël,  José Corti 1999

vendredi 11 février 2011

L'empreinte de l'ange, Nancy Huston

Dans le roman "L'empreinte de l'ange" de Nancy Huston, paru en 1998 chez Actes Sud (page 160), il y a une scène en rapport avec notre motif. C'est une scène "érotique", n'empêche que... Pour replacer les quelques lignes ci dessous dans leur contexte, je dirai que l'héroïne, Saffie, a un bébé de trois mois, Emil, qu'elle ne désirait pas et  auquel elle n'est pas arrivée à s'attacher, même si elle s'en occupe... Le héros, Andras, n'est pas le père de l'enfant. Il vient d'apprendre que Saffie ne peut plus avoir d'enfant. Extrait :
... Se penchant sur elle, il prend un de ses bouts de sein entre ses lèvres, le taquine avec sa langue et se met à le sucer fortement. Saffie ressent alors une chose inouïe-comme si un deuxième sang circulait en elle, comme si, subitement, elle était deux fois plus vivante - car des profondeurs de son corps cet homme a fait monter quelques gouttes de lait maternel, de ce lait dont, tranchantes, les puéricultrices de l'hôpital lui avaient dit qu'elle n'en aurait pas. Andras a senti sur sa langue le liquide sucré et il l'a avalé. Il a bu à ses deux seins et maintenant, en se regardant l'un et l'autre, ils s'unissent.
Au milieu de leur amour, Emil se met à pleurer...
Je croyais avoir presque tout lu de Nancy Huston dont j'apprécie aussi l'érudition en matière de littératures populaires, pas si fréquente chez les romanciers...

dimanche 6 février 2011

Le sein. Une histoire, Marilyn Yalom

A qui appartiennent les seins ?
C'est la question que pose Marilyn Yalom dans son livre "Le sein. Une histoire" paru en 2010 (traduction française) chez Galade éditions.
C'est un essai éminemment politique, féministe et... non dogmatique.
En ce qui concerne le propos de ce blog, j'y ai découvert quelques pistes en ce qui concerne Isis, l'existence de vases préhistoriques en forme de sein et chez Marie Antoinette également, une chanson de nourrice toscane du 16ième siècle, le lait mystique, Lady Macbeth qui veut transformer son lait en bile pour redonner de l'agressivité à son mari, la Fête de la régénération à Paris en 1793, les préconisations d'Ambroise Paré médecin du 16ième siècle, et la merveilleuse Sojourner Truth  militante antiesclavagiste capable de découvrir ses seins devant un parterre d'opposants pour leur faire honte.
Mais il y a beaucoup d'autre sujets qui y sont traités de la préhistoire à aujourd'hui dont bien sûr le motif de la Charité Romaine sur lequel je n'ai pas appris grand chose de plus même s'il est dans la droite ligne de l'appropriation par les hommes du corps des femmes. Juste une petite précision : à l'époque ou Pline raconte l'histoire de la Piété filiale, les femmes des classes supérieures, à Rome, n'allaitent plus... peut-être par coquetterie, mais sans doute plus encore parce que leur maris sont pressés qu'elles soient à nouveau "disponibles" et fécondes afin de leur donner  une descendance. Les exigences des hommes sont parfois bien contradictoires...
Elisabeth Badinter dit de ce livre :  "Histoire à suivre pour mieux comprendre le monde dans lequel on vit"

Ambroise Paré conseille à la mère qui ne veut pas allaiter....

Au 16ième siècle, le médecin Ambroise Paré conseillait aux femmes qui ne voulaient pas allaiter toutes sortes de soins pour assécher les seins  : emplâtres, lotions, massages, mais aussi... de se faire téter par un adulte ou un petit chien. Si la femme ne trouvait pas ce genre d'aide, Paré lui conseillait une pompe en verre qu'elle mettrait au bout du sein  et qu'elle téterait elle même à l'autre bout...

vendredi 4 février 2011

Sojourner Truth, "Ain't I a woman"

Le 15 octobre 1858, Sojourner Truth, ancienne esclave née en 1797, militante antiesclavagiste et féministe s'adresse à un public d'hommes blancs en Indiana... ou dans l'Ohio.... A la fin, pour la déstabiliser,  quelqu'un dans le public lui dit qu'elle n'est pas une femme. Selon la légende (je dis légende car je crois que le discours a été reconstitué après coup et mes connaissances en anglais sont trop sommaires pour pouvoir le vérifier) elle aurait répondu "que ses seins avaient nourri bien des bébés blancs, aux dépens de ses propres enfants; que certains de ces bébés blancs étaient devenus des hommes; que bien qu'ils aient tété ses seins de couleur, ils étaient, à son avis, bien plus virils qu'eux (ses accusateurs)"... et elle leur demanda, en dévoilant sa poitrine "si eux aussi, ils voulaient téter ?"
Le personnage, le geste et la proposition ne manquent pas de grandeur. Cela me fait penser à ce grand benêt de St Bernard qui demandait à Marie de lui montrer qu'elle était une mère . La statue lui a alors répondu  en lui faisant gicler du lait dans sa bouche.
Ci dessous la photo de Sojourner en 1864. Elle est décédée en 1884 à Battle Creek où il y a sa statue. Honneur à elle.

10 août 1793 à Paris, la fête de la Régénération

Ce fut une fête révolutionnaire, imaginée par le peintre David à l'emplacement de l'ancienne Bastille. Parmi les différentes stations proposées au public, il y avait une fontaine monumentale en forme de déesse égyptienne, les jets d'eau coulant de ses seins... La cérémonie proposait à 86 personnes âgées représentant les départements de venir boire de cette eau symbolisant la régénération nationale.
J'ai eu connaissance de cet événement grace au livre de Marilyn Yalom "Le sein une histoire" et j'ai trouvé quelque complément dans l'encyclopédie participative wikipedia ainsi que l'image ci dessous

Isis allaite Pharaon

Isis, la déesse égyptienne est souvent représentée allaitant son fils Horus. Mais on peut aussi la voir allaiter Pharaon pour bien marquer la divinité de celui-ci et lui donner l'immortalité. Il est dit que cet allaitement sacré se produit lors de la naissance, du couronnement et de la mort de Pharaon... La contradiction n'est peut-être qu'apparente. Si quelqu'un pouvait m'en dire plus...
Il y a aussi au Musée du Caire un pendentif en or représentant "la grande magie", soit Ouret Hekaou, c'est à dire une déesse serpent allaitant le Pharaon.
Certains pensent que la Marie des chrétiens est son héritière... et pourquoi pas !

dimanche 7 novembre 2010

Tétaïre en Provence

Sur le blog de Geneprovence qui ne cite pas trop ses sources, ou alors je n'ai pas trouvé
"Lorsque l'enfant était sevré, et comme la mère avait encore quelques montées de lait, on faisait appel à un professionnel qui a complètement disparu aujourd'hui: le tétaïre. Ce brave homme avait pour tâche de téter les femmes, soit parce qu'elles n'avaient pas de bouts de seins, pour les leur faire, soit que la montée du lait se faisait mal, soit qu'elles avaient trop de lait. Cette profession est attestée jusqu'en 1930 au moins. En période de sevrage, le tétaïre avait pour tâche de tirer le lait superflu. Pour les femmes qui ne voulaient avoir à faire au tétaïre, la revue Basses Alpes (1943, n°183) proposait une autre solution: "Quant à la mère, gênée par la montée du lait qui se prolongeait, elle se faisait téter, temps passé, par un petit chien, voire même par une autre personne qualifiée, pour aspirer le lait".
http://www.geneprovence.com/2007/01/la-petite-enfance-dans-la-provence.html

Celui qui têta quarante ans, conte populaire du Languedoc (vallée du Lauquet)

Conte raconté par Jean Bedios, né en 1905, du village de Ladern, et collecté entre 1958 et 1978 par Jean Guilaine.
Résumé du conte, les passages en exergue sont extraits du texte:
Un couple n'a qu'un fils. Ils ne l'envoient pas à l'école parce qu'il tète toujours. Quand il a 10 ans, ils tentent de l'envoyer à l'école mais avant même de passer la porte le garçon fait demi tour et se précipite dans leurs bras. Ils décident de le garder et de le faire téter dix ans de plus. Quand il a 20 ans, ses parents "décident de faire un sacrifice", lui demande ce qu'il veut faire comme métier. Il répond "bûcheron" alors ils lui font forger des outils. Mais sur le seuil, l'enfant entend ses parents pleurer, il éclate en sanglots
- Reste lui dire les parents. Tu téteras vingt ans de plus.
Le petit écouta ses parents et resta à la maison familiale vingt ans de plus.
A quarante ans, après toutes ces tétées successives, il était devenu fort comme un Hercule. Il put alors se préparer à son métier de bûcheron. Mais avant de partir il se fit faire une hache bien plus forte que la première, des coins énormes et une masse colossale.
Il quitta ainsi ses parents....
Il marche à travers la forêt et arrive dans un château. On l'embauche mais il est si fort qu'il fait plus de dégâts qu'autre chose. Avec un cheval tenu par la queue il met en déroute l'armée du roi ennemi, le roi
entra alors dans une telle joie qu'il promit au bûcheron de le nourrir sans travailler jusqu'à la fin de ses jours.
Ce conte m'a été signalé par Valérie Cabrol (Le tétaïre du Somail) et il se cachait dans ma bibliothèque : Récits et contes populaires du Languedoc (2) recueillis par Jean Guilaine dans la vallée du Lauquet, Gallimard 1978.

mardi 5 octobre 2010

Le tétaïre ou la préparation à l'allaitement dans l'Herault au début du 20ième siècle

Sacré article que celui là ! L’auteur en est Valérie Cabrol, auteur d’une thèse dans les années 90 sur le sujet… Elle est tombée sur mon blog, et elle m’a autorisée à publier l’article qui suit. Quel cadeau !
Il y a peu, une connaissance m'a confié la photo d'un tableau qu'un ami avait chiné, il représente un vieillard en prison allaité par une jeune femme. Deux soldats les observent par la fenêtre. En me remettant la photo, cette personne me dit "J'ai trouvé la représentation d'un tétaïre !". Mais pour moi ce tableau était religieux, la pose des personnages, la tonsure, les vêtements, tout me rappelait le mythe de la Vierge allaitant..Il ne pouvait s'agir de ce personnage sur lequel j'ai enquêté dans le cadre de mon DEA d'anthropologie au début des années 90. Grâce à votre blog j'ai reconnu dans ma photo une copie du Rubens (Amsterdam).
Le tétaïre (têteur en français) pouvait être un vieillard ou l'idiot du village, il intervenait auprès des jeunes mères pour les préparer à l'allaitement. Ces compétences étaient larges pour faciliter cette fonction : déclencher la montée de lait, façonner un bout de sein inadapté, résorber un abcès, pallier les faiblesses du nourrisson. Il tétait les femmes devant la famille et les voisins qui contrôlaient l'office dévolu à cet adulte remplaçant un nourrisson, en une manière de théâtre. Dans la littérature locale, chez les folkloristes on ne trouve que de vagues indications sur cette fonction, ce métier de la naissance qui semble pourtant fréquent dans le Languedoc de la fin XIXe début XXe s. avec parfois des détails intéressants ou simplement quelques lignes lapidaires ou proverbiales ("Lou tétaïre de Calho que této como un co" - le tétaïre de Cailho qui tète comme un chien"). L'histoire de l'allaitement nous apprend d'ailleurs que des chiots étaient utilisés pour soulager les nourrices ; les tire-lait existaient depuis longtemps, mais ils n'avaient pas l'efficacité de l'homme. Car oui, j'ai rencontré des femmes, nées au début du XXe s., qui ont eu recours au tétaïre lors de la naissance de leur premier enfant. Elles m'ont raconté à la fois leur expérience et l'histoire du dernier tétaïre connu : il officiait jusqu'au début des années 40 dans le nord de l'Hérault (et pouvait se déplacer à Béziers), il est mort en 1957. J'ai ainsi pu dresser le portrait de cet homme simplet, jamais sevré, miséreux, incestueux, moqué, dévirilisé, qui tétait les femmes. J'ai pu mettre en lumière cette étrange tétée qui se fait le plus souvent devant la famille et les voisins qui contrôlaient l'office dévolu à cet adulte remplaçant un nourrisson. Cette fonction qui semble s'inscrire dans la sociabilité féminine de la naissance, présente également un volet masculin, c'est le père que le tétaïre remplace auprès de la mère.
Sources A. HUGUES "Un têteur" - Revue de folkore français - T VI - p. 306 - 1935
C. GROS Folklore, revue d'ethnographie française - n°50 - T.VII - p.15
C.SEIGNOLLE Le Folkore du Languedoc 1977 - p.30
R. JALBY Le Folkore du Languedoc - 1977
D.FABRE et J.LACROIX La Vie quotidienne des paysans du Languedoc
Une information, qui n'est pas dans le livre : selon Witkowski, des nourrices allant se placer voyageaient accompagnées d'un petit chien pour leur tirer le lait, afin de se mettre à l'abri de la mésaventure contée par Maupassant, mais aussi afin de ne pas perdre leur lait. (Curiosités médicales, littéraires et artistiques sur les seins et l'allaitement, receuillies par G.J Witkowski, Paris, A.Maloine, ed.1898-1907, t. I, p.76)
Si des internautes se manifestent et vous rapportent des informations ou commentaire sur le tétaïre, merci de m'en faire part.
Cordialement,
Valérie Cabrol, auteur d’un livre que l’on peut trouver à l’Office du Tourisme de Fraisse sur Agout (34), « "Tétaïre du Somail" »

samedi 11 septembre 2010

Fait divers made in Finlande

C'était dans le Dauphiné Libéré du 9 septembre 2010

lundi 31 mai 2010

Rivière blanche : le lait de la Vierge

Dans le conte populaire collecté dans le Nivernais par Achille Millien, "Le sac d'argent", choisi par Bruno de la Salle (Rencontres des peuples dans le conte, Aschendorff Munster, 1961, p.37-41) pour le colloque "Que nous disent les contes" (Arts du récit en Isère 2010), je retrouve deux motifs qui m'intéressent:
-la traversée des fleuves comme pour la légende de Saint Christophe, voir le blog du Réprouvé
-le regret de n'avoir pas bu le lait de la Vierge de la part du héros...

Résumé du conte avec les citations des passages qui concernent notre sujet : dans une famille très pauvre, la mère envoie l'aîné des 3 enfants chercher son pain. Il rencontre un homme qui lui propose de porter un message au père éternel contre un sac d'argent.Il prend le sac mais arrivé devant une rivière renonce à le traverser. Il ramène l'argent à sa mère et ne dit rien du message. Le 2ième veut y aller aussi... ramène le sac d'argent après avoir renoncé à traverser la rivière. Le 3ième part. Quand il croise l'homme, il lui dit de garder le sac d'argent jusqu'à ce qu'il revienne. Il trouve la rivière qui lui barre la route, il prie
L'eau se partage en deux et il se fait une petite sente, et il passe. Il marche, et trouve une autre rivière, blanche comme du lait; pris de peur il se remet à genoux, prie encore, il se forme à nouveau une petite sente, et il passe. Il marche toujours tout droit devant lui, quand pour la troisième fois une rivière l'arrête rouge comme le sang. Cette fois-ci, il a vraiment peur... Il s'agenouille à nouveau, prie le Bon dieu, et la petite sente se reforme encore. Il passe...
Il rencontre d'autres choses étranges et arrive au bout d'un jardin, devant un château où il reconnait celui qui lui a donné le message, le Père Eternel. Le Père Eternel lui explique ce qu'étaient les trois rivières. Pour la première :
Eh bien, quand tu l'as eu passée, tu n'étais plus au monde. C'est la séparation du Ciel et de la Terre
Pour la deuxième
C'était le lait de la sainte Vierge, dont elle nourrissait notre seigneur Jésus Christ qui nous a sauvé.
Et le garçon répond
Si je l'avais su, j'en aurais bu un bon coup.
Pour la troisième
C'était le sang de notre seigneur Jésus Christ qui a été répandu sur la terre pour sauver tous ceux qui le servent.
Et le garçon
Ah! Si j'avais su, je me serai lavé dedans.
... En bref, le garçon est tout de même arrivé au Paradis. Même si toutes les mères rencontrées sur sa route l'ont laissé sur sa faim.
Il s'agit d'un conte européen où l'emballage chrétien cache sans doute un fond plus ancien.
L'enregistrement de l'intervention de Bruno de la Salle et le texte du conte sont en ligne : voici le lien.
Ensuite il suffit de cliquer sur la rubrique "Colloque"

mercredi 26 mai 2010

Formulette Libanaise

Au nom de Dieu, je commence à mentir : j'ai vu une fourmi allaiter un lapin...
C'est une formule que les conteurs libanais utiliseraient en introduction... C'est aussi un clin d'oeil, pour vous dire que même s'il n'y a pas de nouvel article depuis février, le chantier de la "charité romaine" n'est pas abandonné !

dimanche 14 février 2010

Ce que dit Claude Gaignebet des GOULES

Claude Gaignebet est un ethnologue bien vivant, très actif en ce qui concerne la mythologie française,Rabelais et mille autres sujets. Le rencontrer c'est rencontrer la passion de tisser des liens et une érudition infinie : j'ai eu la chance de faire cette rencontre, et c'est sans doute grâce à lui, que la béotienne que je suis, vous amuse avec des recherches improbables et bien au dessus de ses compétences. Mais il faut bien commencer !
Ce qui suit est un extrait d'un de ses ouvrages qui me semble se rapporter à notre sujet, les mises en majuscule ou en italique sont de l'auteur :
... Un seul détail nous retiendra pour l’instant, emprunté aux récits orientaux relatifs aux goules. Ces ogresses, qui vivent dans les déserts ou dans les bois, ont les seins si longs qu’elles les jettent sur les épaules pour courir plus vite. Cette particularité anatomique est empruntée à celle de la guenon des Bestiaires. Mais ce geste n’est pas aussi simple qu’il paraît. Dans les contes populaires, il permet au héros de s’approcher de la goule sans être vu, de la téter furtivement et d’en être ainsi adopté. Ce rite qui met le héros sous la protection de la femme de l’au-delà qui l’allaite, participe lui aussi du RETOURNEMENT en un double sens ; le héros doit SUPPLANTER le fils de l’ogresse et choisir le BON SEIN. Or dans certaines variantes, celle-ci, non seulement rejette ses seins derrière le dos, mais les CROISE. Le BON SEIN , celui qui contient du lait fort, celui de droite, est alors à gauche, ce que le héros sait. Il se développe bien plus vite que le petit goule, le terrasse et le tue…
GAIGNEBET Claude, A plus hault sens : l’ésotérisme spirituel et charnel de Rabelais, volume 1, Maisonneuve et Larose 1986 Page 136

samedi 13 février 2010

Détail d'un marbre du Musée d'Anvers

Ce sont des clichés faits par Matthieu Gautier. Merci ! Il n'a pas pu m'en dire plus... mais peut-être certains d'entre vous pourraient nous donner le nom du sculpteur, le titre éventuel de la sculpture ? Peut-on considérer que c'est une charité romaine ? L'enfant y est présent et l'homme allaité semble bien entreprenant...

La piété filiale, sculpture d'Alfred Boucher, 1881


Au Musée Paul Dubois de Nogent-sur-Seine (10), trône cette sculpture dont une lectrice du blog a bien voulu m'envoyer une photo. Merci à Marianne-France Staub.
Il semble que cette oeuvre ait été primée au Salon de Paris en 1881.
Le musée de Nogent sur Seine a été créé par Alfred Boucher en 1905, en l'honneur de son maître, le sculpteur Paul Dubois. Vous avez dit piété filiale ?

lundi 8 février 2010

Extrait du roman de Anita Nair : "Un homme meilleur"

Anita Nair est une écrivaine indienne d'aujourd'hui. Elle écrit en anglais. Le roman "Un homme meilleur" est paru en 2000 sous le nom de "Better man". Il se passe en Inde du Sud à l'époque contemporaine.
Le passage qui nous intéresse est une toute petite partie du roman (3 pages sur 419, éditions Picquier 2003).
Je vais résumer ce passage en l'émaillant de citations

Bhasi, peintre en bâtiment et guérisseur-psychothérapeute, est appelé, en pleine nuit, au chevet d'une jeune femme dont le mari et l'enfant de 6 mois ont été fauchés par un camion quelques jours auparavant. Ce sont les frères de la jeune femme qui viennent le chercher.Dans le roman, Bhasi parle à la première personne comme s'il tentait de rappeler à la jeune femme, Dayamanti, ce qui s'était passé cette nuit là :
Le chagrin n'a rien de beau. Tu n'avais rien de beau à ce moment là, Damayanti.
Debout à te regarder, j'ai vu le lait tacher le tissu de ton corsage. J'ai vu ton corps chercher la bouche de ton enfant mort.
Vous avez vu ? a murmuré ta mère. Les deux premiers jours qui ont suivi l'accident, il nous a fallu lui retirer l'excès de lait à la main. Mais depuis hier, elle ne laisse plus personne la toucher.
La famille a tout essayé même le médecin... Alors Bhasi demande à rester seul avec la jeune femme et il lui parle
"Dayamanti, que puis-je faire pour alléger ce fardeau de douleur que tu portes ? Quels mots puis-je employer pour te consoler ? Je comprends ce que tu essayes de faire. Dayamanti, crois-tu que la douleur de ta poitrine pourra atténuer celle de ton âme ?"
Il lui parle pendant plus d'une heure, elle ne répond pas mais des larmes finissent par couler. Puis, à bout d'argument, il trouve l'audace de poser sa tête sur ses genoux, il dit alors :
Considère moi comme ton enfant, ai-je murmuré. Dis-toi que je suis une créature sans défense qui a besoin d'être nourrie. Laisse moi boire le chagrin qui s'est logé dans ta poitrine. Laisse moi dénouer ce poing dur comme un roc et permettre à ta peine de s'épancher. Sans un mot tu as attiré ma tête vers toi et tu m'as laissé m'abreuver à ta douleur. Les larmes qui coulaient sur tes joues ont mouillé les miennes. Dans ma bouche le goût du sel s'est mêlé à celui du lait...
Deux ans plus tard, je t'ai épousée.

jeudi 10 décembre 2009

A la une du Petit Bulletin la semaine dernière

Un dessin de Willem que le Petit Bulletin (édition grenobloise) est allé pêcher dans l'expo "Bêtes et méchants" qui a lieu jusqu'au 30 janvier aux moulins de Villancourt (Pont de Claix)
En fait c'est une partie de l'affiche que Willem avait dessinée pour annoncer le spectacle "Le retour de Miss Univers", tragédie graveleuse de Guénolé Azerthiopé par le Phénoménal Bazaar Illimited... Le spectacle avait lieu au Théatron, rue Frochot à Paris, métro Pigalle. Je n'en ai pas trouvé la date. Qui l'a vu ?
Si on regarde bien les hommes tètent avec les yeux. Ils se rincent l'oeil... avec du lait ?
Dans l'exposition du Moulin de Villancourt, où l'on retrouve, Cabu, Reiser, Cavanna, Wolinsky, etc. il est dit à propos du journal Hara Kiri dont le ler numéro est paru en septembre 1960 :
Hara Kiri enthousiasme une jeunesse qui étouffe sous la chappe de plomb d'une société podagre. On oublie trop souvent que ceux qui ont fait Mai-68 se sont nourris à ses généreuses mamelles.
Ce qui pour un journal intégralement fait par des "mecs" est un comble...

mardi 8 décembre 2009

Quand Ernest Pignon Ernest redessine Le Caravage

La sérigraphie, en partie lacérée, a été prélevée un jour de pluie, dans une rue de Naples en février 1991. Elle serait dans un grenier du Bugey, depuis.
Bien sûr, on reconnait un des motifs des 7 oeuvres de Miséricorde du Caravage dont j'ai déjà parlé et la "façon" de Ernest Pignon Ernest.
Quand je colle mes images sur un escalier de Paris ou un mur d'église napolitaine, il y a interaction entre mon image et l'espace-temps où je l'insère. L'image n'existe plus pour elle-même : le Caravage ne m'intéresse pas, il ne compte que par et pour Naples. Ernest Pignon-Ernest.
Dans cette "copie" (pour moi le mot n'est pas péjoratif) on voit bien que l'homme (grandeur nature) tète à travers les barreaux, ce que je n'avais pas vu sur les reproductions du tableau... Voici aussi une photo de "cette charité" in situ, telle que je l'ai copiée sur un très beau livre : Ernest Pignon Ernest aux editions BärtschiSalomon 2006. En attendant d'aller voir Le Caravage à... Naples ! Et de croiser la trace d'Ernest Pignon Ernest au coin d'une rue...

dimanche 1 novembre 2009

Mère en prison, Pline l'Ancien (23-79)

J'ai trouvé une traduction en ligne du livre 7, paragraphe 36 de L'Histoire Naturelle de Pline l'Ancien qui donne ceci :
On trouve partout des exemples infinis de tendresse ; mais Rome en offre un auquel nul autre ne peut être comparé : une femme du peuple, dont la condition obscure nous a dérobé le nom, venait d'accoucher quand sa mère fut mise dans une prison pour y subir le supplice de la faim : elle obtint d'aller la voir ; mais, fouillée à chaque fois par le geôlier, de peur quelle n'apportât quelque aliment, on la surprit allaitant sa mère. Saisis d'admiration, les magistrats accordèrent le salut de la mère à la piété de la fille ; ils allouèrent des aliments à l'une et à l'autre leur vie durant ; et le lieu où la scène s'était passée fut consacré à la déesse Piété, à laquelle, sous le consulat de C. Quinctus et de Manius Acilius (an de Rome 604), un temple fut érigé sur l'emplacement de la prison : c'est là qu'est aujourd'hui le théâtre de Marcellus (VIII, 25).
Pline l'Ancien a vécu un peu après Valère Maxime qu'on pense être né à la fin du premier siècle avant Jésus Christ. Le texte de Valère Maxime (1er message de ce blog-ci) serait donc antérieur à celui de Pline.
Il semblerait aussi qu'à l'époque où Pline a écrit ce texte, l'allaitement maternel était sur le déclin dans les riches demeures impériales...

Version grecque du Moyen-Age Byzantin à traduire

Avis aux traducteurs : nous ne lisons pas le grec, alors nous ne savons même pas s'il s'agit bien de notre histoire... Une traduction serait la bienvenue. On peut cliquer sur le texte pour l'agrandir.
Ce petit texte a été trouvé dans l'introduction du Recueil de contes populaires grecs, traduits et choisis par Emile Legrand, à lire en ligne.

La fille qui allaite son père, conte populaire grec (Péloponèse)

Grâce à Philippe, un conteur chercheur de contes, j'ai découvert dans un ouvrage de 1881, mis en ligne intégralement, un conte dont j'avais signalé une version de Lesbos, un peu différente.
Lisez le en ligne dans la version numérisée intégrale du Recueil de contes, collectés par des ethnographe grecs, choisis et traduits par Emile Legrand. Pour le conte qui nous intéresse, il a été recueilli par Nicolas Politis.
En voici des extraits. J'ai résumé les évènements intercalaires en italique.
Un roi avait un frère père d'une fille magnifique. Ce roi soupçonne (à tord)son frère de vouloir le renverser et il le fait emprisonner dans un noir cachot. La fille demande à voir son père, le roi accepte
... Il enjoignit cependant à ses soldats de bien fouiller la jeune fille lorsqu’elle entrerait dans la prison, de peur qu’elle n’apportât du pain ou quelque autre nourriture à son père. Il leur ordonna aussi de pratiquer dans le mur du cachot un trou, par lequel le père et la fille puisse se parler.
La jeune fille, voyant qu’elle avait réussi à arracher son père à la mort, alla aussitôt au bain et se lava ; cela lui ayant donné du lait, elle se rendit auprès de son père dans sa prison. Par le trou, elle lui donna un de ses seins et lui dit de téter. Elle faisait ainsi chaque jour, et son père n’avait pas besoin d’autre nourriture.
Le roi la soupçonne de sorcellerie et lui interdit de voir son père. Désespérée elle rencontre un maréchal-ferrand en train de tirer du ventre d’une jument morte un poulain vivant. Elle lui achète un autre poulain né dans les mêmes conditions et la peau de la jument. Le poulain est beau, elle l’offre au roi avec la peau de la jument pour son lit . En échange elle peut aller voir son père… et quelques temps plus tard peut lui poser une énigme :
« Vous êtes assis sur une bête qui n’est pas née et vous couchez sur sa mère »
>Le roi ne comprend pas et veut une explication, la jeune fille répond alors :
« Je vous les expliquerai, ô mon roi, quand vous m’aurez donné mon enfant, l’enfant de ma mère ; et, lorsque vous me l’aurez donné, il deviendra mon père ; mais, si vous ne me le donnez pas, il sera de nouveau mon enfant »
Le roi, embarrassé lui dit de solliciter la faveur qu’elle voudrait, pourvu qu’elle lui explique ses paroles…Le roi fait sortir de prison le père. La fille raconte tout. Le roi est ravi…
Ils demeurèrent ainsi parfaitement, et nous mieux encore.

lundi 5 octobre 2009

Les fées et les nourices de Chorges (05)

En 1957, dans sa collecte de récits légendaires, dans les Hautes-Alpes, Charles Joisten a recueilli ces deux récits
Les fées et les lavandières (nourrices)
Au dessus du Pré aux Moines, il y a une "fontaine" (source) qui s'appelait La Fontaine des fées. Les fées poursuivaient les femmes qui venaient laver, en leur mordant les seins et trayaient (mousié) celles qui allaitaient.
Les fades couchaient dans les trous sous les rochers des combes. Elles taquinaient les femmes qui venaient laver au lavoir du Bourget en cherchant à les déshabiller, puis elles essayaient de leur sortir les seins pour les téter. Elles avaient un oeil unique qui était toujours ouvert.
Commentaire personnel (et qui n'engage que moi) : il semble que c'était un bon prétexte pour qu'un homme soit autorisé à surveiller les lavandières (qui de ma propre expérience n'aiment pas bien qu'on les espionne)
Sources : ÊTRES FANTASTIQUES, Patrimoine narratif des Hautes Alpes, Charles Joisten, édition préparée par Nicolas Abry et Alice Joisten, Musée Dauphinois 2006. Un ouvrage que je recommande à tous les amoureux du fantastique et (ou) des Hautes-Alpes.

mercredi 16 septembre 2009

Notre Dame de Bon Secours

Dans l'Eglise de la Trinité à Vendôme, il y a une chapelle :Dans la chapelle il y a un tableauLa ressemblance avec les Charités Romaines est troublante car si le prisonnier ne tète pas il porte néanmoins des chaînes... La jeune femme lui manifeste une certaine affection...

mardi 15 septembre 2009

Idole de conteuse

Et surtout, je collectionne les contes. Taraudée par la peur de manquer ils devinrent pour moi comme une fleur où je butinais année après année. J’y trouvais matière pour mon propre miel.
Je m’étais choisie pour idole une femme immense au corps criblé de tiroirs qui hante certaines toiles de Salvador Dali. C’est cette même géante sculptée d’or qui accueille les voyageurs dans le hall de la gare de Waterloo à Londres. Sur mon bureau trônait une carte postale fétiche, représentant une broderie d’Abomey : une femme-ogresse offrant ses dix seins à téter à dix hommes affamés. J’ai appris plus tard qu’un héros qui tète le sein d’une ogresse peut compter sur sa protection.
Extrait de La Sagesse de La Conteuse de Muriel Bloch, L’œil neuf 2008
Michèle m'a parlé du livre, Jacqueline me l'a prêté ! J'aimerais voir la broderie d'Abomey.

vendredi 11 septembre 2009

En Ukraine, les meuniers...

Une amie, grande spécialiste de littérature orale, me communique un bout de légende qu'elle a déniché au cours de ses lectures. Merci Alice !
Voici son message :
Je vous fais ce petit mot car je viens de lire dans Sébillot, Légendes et curiosités des métiers, Paris, Flammarion, s.d., au chapitre “Les meuniers”, le petit passage suivant : “En Ukraine, quand ils installent leur meule, [les meuniers] prononcent cette formule : ‘Taliarou, taliarou, la pierre perforée ; la fille nourrit son fils, le mari de sa mère' ; cette phrase fait allusion à la légende de la fille qui donna à téter à son père en prison.” (p. 18)
C'est évidemment peu de chose, et bien énigmatique. Sébillot donne comme référence (p. 32) : “Communication de M. T. Volkov (Ukraine”), ce qui ne nous mène pas loin.

Zelmira, opéra de Rossini

Liliane, promeneuse sur internet, me signale cet opéra qu'elle a vu cet été à Pessaro. Merci à elle.
Elle me dit que Zelmira allaite son père qui est caché dans un tombeau...
Le livret est de Tottola d'après une tragédie (française ?) de De Belloy.
Je ne connais pas grand chose à l'opéra mais voici ce que j'ai pu glaner sur le site d'un certain Lionel.
L'opéra a été créé le 16.12.1822 au Teatro San Carlo, Naples.
Résumé de l'action : A Lesbos, Antenore n'a pas hésité à aller jusqu'au crime pour parvenir au pouvoir. Encore lui faut il éliminer Zelmira, fille de l'ancien roi Polydoro donné pour mort. Seule Zelmira sait qu'il est encore en vie, elle connaît son refuge. Hélas ! Antenore les surprend et va les exécuter. Mais l'époux de Zelmira viendra les sauver à la tête de son armée.
Qui pourrait m'en dire plus sur la façon dont le motif de la charité (romaine ou grecque...) est mis en scène ? Ou sur le texte du livret, voir de la tragédie qui l'a inspiré ?

Le fidèle Jean, conte des frères Grimm

Voici un petit résumé de ce conte où ce qui sort du sein n'est pas du lait :

Le fidèle Jean, serviteur préféré d'un vieux roi a promis à celui-ci de veiller sur le fils du roi même au péril de sa vie... Et on peut dire que le fils du roi lui en fait voir de toutes les couleurs et se complait à faire tout ce dont son père voulait le protéger : chambre interdite, princesse fatale... Chaque fois, c'est Jean qui répare les dégâts... Finalement sur le bateau qui vogue en haute mer ramenant le fils du roi et sa princesse (non encore épousée) au bercail, Jean qui jouait de la musique sur le pont entend trois corneilles discuter. Il comprend leur langage. Elle racontent les trois catastrophes qui vont arriver pour empêcher le mariage du prince et de la princesse. Et aussi le moyen de les réparer pour celui qui, pour la peine, sera changé en pierre. A l'arrivée, il se produit ce que les corneilles ont prédit. Jean le fidèle veille au grain, empêche l'irréparable à deux reprises malgré l'incompréhension de l'entourage et finalement
On célébra alors le mariage : la danse commença et la mariée entra elle aussi dans la danse, pendant que le fidèle Jean la surveillait et observait son visage. Soudain elle pâlit et tomba à terre comme si elle était morte. D'un bond le fidèle Jean fut auprès d'elle, il la souleva, la porta dans une chambre où il l'allongea et tira trois gouttes de sang de son sein droit, avant de les recracher. La reine se mis alors aussitôt à respirer et revint à elle mais le jeune roi avait tout vu et il ignorait pourquoi le fidèle Jean avait fait cela. Cela le mis en colère et...
Pour lire la suite (et le début) courez vite lire Jean le Fidèle soit dans le 1er tome des Contes (éditions Flammarion, conte n° 6) soit dans la nouvelle traduction (avec notes et commentaires) des Contes pour les enfants et la maison (tome 1, conte 6) chez José Corti.

Le motif du serviteur qui aide son jeune maître à se marier me fait penser à la nuit de noces de Tobie où l'ange Raphaël, qui se fait passer pour le serviteur du jeune homme, délivre la promise de ses démons avant que les nouveaux mariés ne consomment le mariage. Il sauve ainsi Tobie d'une mort certaine et la fille de la malédiction qui la poursuivait. C'est un récit de la Bible qui est construit sur le modèle du conte du mort reconnaissant (type AT de 505 à 508) et où les versions orientales (russes, bulgares, moyen, orientales...) considèrent que le corps de la future mariée a besoin d'être purifié. C'est tout bien raconté dans les Cahiers de littérature orale n° 46 (1999), numéro coordonné par Nicole Belmont.

Ou, peut-être s'agit-il d'un simple abcès du sein ?

lundi 13 juillet 2009

Les gardiens de la prison sont distraits ?

Voici la photo d'un tableau appartenant à Christophe Kortschinski. Il me l'a adressée pour publication. Le tableau lui appartient et n'est pas signé. La photo lui appartient aussi puisqu'il en est l'auteur. Il ne dit pas où il a eu le tableau, ni ses dimensions.C'est un tableau qui ressemble à plein d'autres tableaux à l'huile "connus" représentant la Charité romaine : le personnage masculin, notamment, mais je ne crois pas avoir croisé ce visage de femme (et sa coiffure) dans d'autres charités romaines (Lagrenée mais aussi Greuze, Bachelier, par exemple). Une copie ? Je ne suis pas une experte en peinture du tout...
Outre le cadre très travaillé, on remarque dans le coin à gauche trois hommes qui semblent faire la causette. J'imagine que ce sont les gardiens de la prison. C'est un motif que je n'avais pas encore croisé : des gardiens qui ne regardent pas. Ce qui n'empêche pas la très "chic" jeune femme de sembler inquiète. Qu'en pensez vous ?

mercredi 22 avril 2009

Mystique médiévale

Et voici une trouvaille d'une lectrice du blog : un détail du vitrail de l'apocalypse de St Etienne de Bourges, datant du 13ième siècle"La vierge couronnée présente ses seins gonflés de lait à deux hommes : le sein brun allaite l'homme blanc, le sein blanc allaite l'homme brun. Les bras en croix elle tient dans ses mains deux coffres identiques". Dans la revue Grand Reportage, d'où vient cette image, il est dit que l'on y découvre un spectaculaire symbolisme ésotérique... Ah bon ! Moi j'y vois d'abord de l'humour, de l'érotisme, un plaidoyer pour l'égalité... Cela me rappelle Frida Kahlo et aussi une allégorie médiévale sur la sagesse où celle ci nourrit les sages au sein. Qu'en pensez vous ?
En tout cas, merci Martine.

vendredi 17 avril 2009

Bas relief de Monsieur Cornu (fin du 17ième siècle)

Je continue de donner des extraits de description provenant de l'Académie Royale de Peinture car c'est très instructif sur les intentions des messieurs qui se sont acharnés à représenter cette légende. A vous d'imaginer l'oeuvre !
Extrait du discours sur un BAS-RELIEF DE LA CHARITÉ ROMAINE QUE M. CORNU a donné pour sa réception le 5 juillet 1681.
M. Cornu représente le vieillard assis au pied d'un des piliers de la prison, ayant un bras étendu jusqu'au sommet du pilier, et ce bras y est attaché par un anneau de fer. Ce malheureux prisonnier a les yeux enfoncés, le visage languissant et le corps atténué des rigueurs d'une faim dévorante. On voit dans ses yeux avec quelle impatience il attend sa fille qui lui présente la mamelle. Elle est à genoux sur une petite élévation de pierre, et se penche pour se mettre dans une situation commode pour le vieillard, qui est si foible qu'il ne peut se tenir debout. Sa fille, pour être moins embarrassée, a mis à terre l'enfant qu'elle nourrit, et on remarque aisément que, pour apporter plus de lait au vieillard, elle a laissé fort longtemps cet enfant sans téter, car ce petit nourrisson porte un de ses doigts à sa bouche et le suce avec avidité, comme il arrive à ses semblables quand ils attendent avec impatience la mamelle de leur nourrice. C'est là que paroît la pieuse économie de la fille qui, pour avoir moyen de secourir ces deux objets de son amitié, a épargné sur l'un de quoi nourrir l'autre; de sorte que le sculpteur nous fait voir ici que la prudence est jointe à la piété, pour relever d'avantage l'éclat de l'une et de l'autre vertu.

Un tableau de Boulogne père (17ième siècle)

Extrait d'un discours sur un tableau de La Charité Romaine peint par M. BOULOGNE LE PÈRE et offert à l'Académie Royale de Peinture au 17ième siècle
M. Boulogne fait paraître le vieillard qui a les bras liés derrière le dos pour figurer les rigueurs de sa détention. Son visage est maigre; mais malgré les incommodités de la vieillesse et les misères de la prison, il a les yeux pleins de feu et le sein encore animé pour montrer que les aliments qu'il prend renouvellent sa vigueur, ce qui relève la gloire et le mérite du secours qu'il tire de sa fille. Il s'attache avec avidité à sa mamelle. Une joie tendre et pieuse est répandue sur le visage de cette fille, et l'on voit particulièrement dans ses yeux le contentement qu'elle a de pouvoir remédier aux besoins de son père et de reconnaître ainsi le bienfait de la naissance. Mais le père semble avouer par sa joie qu'ici la reconnaissance surpasse le bienfait ; car, après tout, la fille n'a reçu la vie de son père qu'une seule fois, et elle la lui sauve plusieurs fois chaque jour. Elle tient sur un de ses bras l'enfant qu'elle nourrit, et marque en cet état l'étendue de sa charité ; car, également attachée par les liens du sang au père qui lui a donné le jour et à l'enfant qu'elle a mis au monde, elle remplit dignement ces deux devoirs en un même temps, et se croiroit barbare et impie si elle ne donnoit la plus pure partie de son sang aux pressantes nécessités de deux personnes qui lui sont si chères. Cependant, le peintre fait remarquer sensiblement le chagrin et le dépit de l'enfant, qui étant encore incapable des lumières de la raison, paraît très-mécontent de ce que sa mère donne à d'autres une partie du lait qui a toujours été réservé pour lui seul. Il en est si touché qu'on le voit prêt a pleurer. Ainsi M. Boulogne exprime les effets de l'instinct naturel sur le visage de l'enfant, les effets de la charité parfaite sur le visage de la fille, et les effets de la reconnoissance sur le visage du vieillard.
S'agit-il de ce tableau, que je viens de retrouver dans mes "réserves" et qui est attribué à un certain Boulogne Bon décédé en 1714 ?L'image n'est pas de très bonne qualité, certes... A vous d'imaginer le reste ou de retrouver le tableau effectivement décrit !
Ce Monsieur Boulogne père est peut-être aussi celui décédé en 1674 : Louis de Boullongne.
Vous estes priez d'assister au Convoy, Service et
Enterrement de deffunt Monsieur Boulogne {de Boul-
longne le père), Peintre ordinaire des Batimens du Roy
et Professeur en son Académie Royale, décédé en sa
maison, grande rue du faux bourg Saint Antoine, au-
dessus de l'abbaye; qui se fera le Jeudi, 14 jour de Juin
1674, à dix heures précises du matin, en l'église Sainte
Margueritte, subcurtiale de Saint Paul, sa Paroisse, où
il sera inhumé; auquel lieu les Dames s'y trouveront
s'il leur plait.

Un court métrage de 2008

Il s'appelle, donc, la Charité Romaine et est visible sur le site de son auteur, Cheyenne Carron. Celle ci dit l'avoir conçu après une visite au Louvre où elle a croisé le tableau de Greuze. A mon goût, même si le film est un peu bavard, les lumières et la photo sont belles et c'est une interprétation originale qui fait aussi référence à Chateaubriand, me semble-t-il...http://www.cheyennecarron.com/film3.html

dimanche 8 février 2009

Sans répit nourrir au sein sa belle-mère

C'est un des 24 exemples de piété filiale que l'on cite au Japon

mardi 6 janvier 2009

Nicolas Poussin : Les Israélites recueillant la Manne dans le désert

Sur la gauche de ce tableau de 1637, que l'on peut contempler au Louvre, on distingue une femme allaitant sa mère (ce n'est pas moi qui le dit mais les commentateurs du tableau, dont Diderot), en expliquant à son enfant qu'il faut attendre son tour... Il y a un homme qui admire la scène : la charité soulage la famine... Elle est bien éclairée : on ne peut pas la rater et elle fait pendant à une autre mère, sur la droite qui tient sous son bras son enfant qui se "goinfre" de la manne. Il s'agit, semble-t-il, pour le peintre de captiver le spectateur en le surprenant et non pas simplement en lui décrivant un miracle. D'après les commentateurs de la vidéo : il est fait appel au libre arbitre de celui-ci.
Pour le sens général de l'ensemble du tableau on peut regarder avec profit une vidéo très pédagogique en cliquant sur le lien. On vous y expliquera la logique et les intentions de l'artiste en 15 minutes.

samedi 3 janvier 2009

Les Martes, êtres fantastiques du Centre de la France

Les Martes, espèces de fées, mais très laides et malfaisantes, connues surtout dans la région du Centre, résidaient aussi quelquefois au milieu des blocs et également dans le voisinage de l'eau. Les paysans appellent la Maison aux Martes une sorte de grotte naturelle, dans la commune de Cromac, près de la rivière, dont le plafond est formé par un banc de granit que d'autres blocs ont soutenu en l'air. Les Martes étaient de grandes femmes brunes, aux bras nus ainsi que la poitrine, dont les mamelles descendaient jusqu'aux genoux, leurs cheveux épars tombaient presque jusqu'à terre. Elles inspiraient le plus grand effroi aux paysans qu'elles poursuivaient en criant« Tète, laboureur ! » et en jetant leurs mamelles par-dessus leurs épaules.
Extrait de "Le folklore de France", de Paul Sébillot dont la première édition remonte à 1904-1906. Cromac est un village de Haute Vienne qui fait encore sa "publicité" touristique sur la grotte des Martes (entre autre).

vendredi 2 janvier 2009

Une pensée rafraîchissante

Ces plantes qui vivent aux dépens des arbres puisent le lait de la terre dans la douce quiétude de la nuit, et la terre dans sa rêverie tranquille suce à la poitrine du soleil.
Khalil Gibran, Le jardin du prophète

lundi 29 décembre 2008

Victor Hugo : allégorie politique et poétique

Extrait du poème "Au peuple" dans "Les Châtiments" :

Paris sanglant, au clair de lune,
Rêve sur la fosse commune ;
Gloire au général Trestaillon !
Plus de presse, plus de tribune.
Quatrevingt-neuf porte un bâillon.
La Révolution, terrible à qui la touche,
Est couchée à terre ! un Cartouche
Peut ce qu'aucun titan ne put.
Escobar rit d'un rire oblique.
On voit traîner sur toi, géante République,
Tous les sabres de Lilliput.

Le juge, marchand en simarre,
Vend la loi... -
Lazare ! Lazare ! Lazare !
Lève-toi !

Sur Milan, sur Vienne punie,
Sur Rome étranglée et bénie,
Sur Pesth, torturé sans répit,
La vieille louve Tyrannie,
Fauve et joyeuse, s'accroupit.
Elle rit ; son repaire est orné d'amulettes
Elle marche sur des squelettes
De la Vistule au Tanaro ;
Elle a ses petits qu'elle couve.
Qui la nourrit ? qui porte à manger à la louve ?
C'est l'évêque, c'est le bourreau.
Qui s'allaite à son flanc barbare ?
C'est le roi... -
Lazare ! Lazare ! Lazare !
Lève-toi !

Fioles du lait de la Vierge

Calvin dans son "Traité des reliques" disait : « Il n’y a si petite villette ni si méchant couvent, soit de moines, soit de nonnains, où l’on ne montre du lait de la sainte Vierge, les uns plus , les autres moins. Tant y a que si la sainte Vierge eût été une vache, ou qu’elle eût été nourrice toute sa vie, à grand peine en eût-elle pu rendre une si grande quantité »
Mais le culte du saint Lait était (est ?) bien répandu au 19ième siècle d'après Collin de Plancy dans son le Dictionnaire des reliques et des images religieuses:
Il existes des fioles du lait de la vierge à Gênes (guérit les maux de seins), à Saint Nicolas in carcere , à Sainte Marie in campitelli, Sainte Marie du Peuple, et Saint Alexis, églises de Rome, à Saint Marc de Venise pour les nourrices qui en demandent, chez les célestins d’Avignon, dans l’église Saint Antoine de Padoue, à Aix en Provence, dans la cathédrale de Toulon, à Berre en Provence, Chelles, à la sainte chapelle à Paris, à Guimaranès au Portugal, à Evron dans le Maine, à Saint Louis de Naples qui devenait liquide aux fêtes de la sainte Vierge et qui était caillé le reste de l’année.
On vénérait à Chartres une fiole du lait de la Vierge recueilli en Judée pendant qu’elle allaitait l’Enfant-Jésus et un autre vase de lait encore plus miraculeux ramassé sur les joues de saint Fulbert.

Grotte du lait de la vierge

... Attention, messieurs....
Les pèlerins visitent à deux cents pas de Bethléem une grotte où la sainte Vierge se cacha quelques instants, pendant que saint Joseph allait acheter en ville des provisions pour le voyage en Egypte. On raconte, qu’en attendant son époux, Marie donna à téter à l’enfant Jésus, et que quelques gouttes de son lait tombèrent sur un petit rocher qui s’amollit. Depuis ce temps, les nourrices qui manquent de lait vont à la grotte, raclent un peu de poudre du rocher qui est devenu tout blanc, la boivent dans du vin ou du bouillon, et sentent aussitôt leurs mamelles se remplir. Les femmes turques mêmes recourent à ce remède miraculeux ; et l’on assure que si un homme avait l’imprudence de boire quelque peu de cette poussière du rocher de la Vierge, il lui pousserait incontinent des tétons pleins de lait.
D’après les récits de voyage des trois moines en Terre Sainte au 18ième siècle, recopié du Dictionnaire critique des reliques et des images religieuses écrit au 19 ième siècle par Collin de Plancy.
En 2008 il semblerait que la grotte du lait ait gardé son attraction. Une nouvelle chapelle a été construite au dessus.

Saint Fulbert de Chartres 960-1029

Dans une maladie très grave, Marie fit couler sur ses lèvres un baume céleste et le mal disparut.
C'est ce qui est dit sur le portail catholique francophone au sujet de saint Fulbert.
Dans le Dictionnaire critique des reliques et des images miraculeuses de Jacques-Albin-Simon Collin de Plancy on trouve une version moins édulcorée du miracle :
On vénérait à Chartres une fiole du lait de la Vierge recueilli en Judée pendant qu’elle allaitait l’Enfant-Jésus.
Mais on avait dans cette ville, un autre vase de lait plus miraculeux. On conte que Fulbert , quarante-quatrième évêque de Chartres, ayant dans le palais un feu incurable qui lui brûlait la langue, la sainte Vierge lui apparût, lui commanda d’ouvrir la bouche, et y fit jaillir de ses mamelles qu’elle pressa de ses doigts sacrés une ondée de lait excellent, qui éteignit soudain le feu de sa langue et la rendit plus saine que jamais. On ramassa sur les joues de Fulbert plusieurs gouttes de ce lait sacré, que l’on conserva dans une fiole, au trésor de Chartres, et qui fit bien des prodiges de guérison en faveur des femmes qui avaient le sein malade. Il est vrai qu’on n’a pas vu ces prodiges.
Sous Notre Dame de Chartres, il y a la crypte Saint Fulbert dans laquelle s'ouvre un puits de 33 mètre dont l'eau serait miraculeuse et une chapelle "Notre Dame sous terre". La cathédrale possède aussi un voile de la Vierge autrement appelé chemise de la Vierge. Il a été expertisé et serait en soie du 1er siècle de notre ère. Fulbert de Chartres, considéré comme un évêque humaniste, était aussi un savant, un diplomate et un musicien. On dit qu'il a mis ses dons musicaux au service la liturgie mariale... Juste un tout petit peu plus tôt que Bernard de Clairveaux. Voir aussi les tableaux représentant saint Bernard à Gênes ou celui de Rubens représentant saint Augustin, la Vierge et le Christ.

samedi 6 décembre 2008

Deux St Bernard de Clairvaux à Gênes

En épluchant le guide des arts "Les saints" de Rosa Giorgi (Hazan 2003) j'ai à nouveau croisé St Bernard de Clairvaux en train de boire... le sang du Christ ! C'est un tableau qu'on peut voir dans une église de Gênes, semble-t-il. Il est de Giovanni Benedetto Castiglione dit Il Grechetto (15ième siècle)... Je n'ai pas retrouvé de meilleure reproduction de ce tableau où le Christ presse une plaie sur sa poitrine juste en dessous de son téton et fait gicler le sang dans la bouche de St Bernard...
A Gênes toujours il y a dans l'église San Giacomo, un St Bernard en extase au pied de la Vierge qui tient son sein, ce qui est beaucoup plus ordinaire... Pour voir de vraies giclées de lait dans la bouche de St Bernard consulter le précédent article sur le sujet mais aussi la page jubilatoire de Monsieur J.C Bourdais Pour réserver l'hôtel ou le train pour Gênes, vous n'êtes pas à la bonne adresse... Attention tout de même si vous prennez le train, car dans le dernier wagon...

jeudi 4 décembre 2008

Une charité contemporaine


Ce croquis nous a été envoyé par mail, par Nicolas Doucedame...

Maintenant nous attendons que quelqu'un nous croque la mère allaitée en prison par sa fille comme dans la version écrite par Valère Maxime !

lundi 10 novembre 2008

Les Valseuses

Je recherche un extrait du roman ( de Bertrand Blier, 1972) qui a servi de scénario pour le film éponyme (1974) mis en scène par ce même Bertrand Blier... Ce qui m'intéresse, bien sûr, c'est la scène où l'un des héros ( joué par Patrick Dewaere) tête une jeune femme (jouée par Brigitte Fossey) rencontrée dans le train. L'auteur a dû lire "Idylle" de Maupassant !
Je n'ai pas vu le film... le texte des dialogues m'intéresserait aussi.

jeudi 16 octobre 2008

Légende des bords du fleuve Niger

Voici un extrait de cette légende qui raconte la naissance de Ségou, la ville des karités et des accacias, sur le bord du fleuve Niger:
... Un peu plus tard quand la première épouse du chef de son village tomba malade, il proposa de la guérir. Elle était presque morte... Il joua de son ngoni (instrument de musique à cordes) au moment où la paupière de la nuit se refermait sur la terre. Alors, maman lune apparut, ronde comme un oeuf d'autruche, pleine comme un sein gonflé de lait. Elle descendit au milieu du ciel et vint donner la tétée à la pauvre épouse qui guérit aussitôt. De ce moment le garçon devint un homme important, respecté tout autant qu'un grand initié...

J'ai trouvé cette légende dans "365 contes en ville" de Muriel Bloch, mais elle est, au départ, tiré du recueil " Contes et légendes d'Afrique d'ouest en est" d'Yves Pinguelly.
On n'est pas si loin de la peinture de Frida Kahlo !

mercredi 10 septembre 2008

Ogresse berbère

Dans un conte N'tifa du Maroc (Georges Oucif et Abdellah Khallouk), "le chat enrichi", contrairement aux autres contes du Maghreb que j'ai cités par ailleurs, boire le lait de l'ogresse ne protège pas , au contraire... Certes, dans ce conte, les buveurs de lait sont encore des enfants mais c'est l'inversion des relations crées par l'allaitement qui m'intéresse
Voici un résumé du conte
Il y a un homme avec 3 enfants, une fille et deux garçon, dont le plus jeune qu'on nomme Simplet, et la marâtre. Comme dans "le petit poucet", le père, à 2 reprises, essaie de les perdre dans la forêt. La 2ième fois comme Simplet a mangé les graines que sa soeur avait semé, ils ne retrouvent pas leur chemin et arrivent chez l'ogresse. La soeur, avec habileté, vole un pain à l'ogresse. Simplet veut faire pareil mais il les fait découvrir. L'ogresse leur propose d'être ses enfants et, faisant mine de traire sa chèvre, trait ses propres seins "en disant : patiente, ma belle noire ! patiente ma belle blanche ! Avec ce lait, elle prépara une bouillie tout en se disant et en se répétant que dès qu'ils auraient tout mangé, grâce au lait, ils seraient retenus chez elle et ne pourraient plus s'enfuir"
Mais la fille et l'aîné se méfient et rusent pour ne pas manger la bouillie... Simplet, lui finit sa part. Toujours grâce à la ruse de la fille, les 3 enfants réussissent à s'enfuir... mais Simplet s'essouffle, se fait prendre et sert de repas au banquet que l'ogresse organise pour sa famille. Et l'histoire continue sans lui... Les autres deviennent adultes...

dimanche 17 août 2008

Saint Gilles nourri par une biche

Peut-être s'éloigne-t-on du sujet ? Pas sûr !
Voici un petit résumé (donc une interprétation) des légendes que j'ai lues sur Saint Gilles avec des extraits de documents choisis... Pour une autre représentation du saint on peut aussi se reporter au Tryptique Moreel par Memling à Bruges où il est représenté avec un autre bénédictin (Saint Maur)entourant St Christophe (pour ceux qui connaissent le blog du Réprouvé, c'est un joli clin d'oeil)
Gilles serait né en Grèce (au 8ième siècle)de sang royal, mais dès son arrivée en Provence il s'est fait remarquer en faisant des miracles (apaiser les tempêtes, ressusciter les mourants...) Comme cela attirait trop de monde à son goût il a décidé de se faire ermite... Eloigné de tout, il ne se nourrissait que de racines et parfois par gourmandise de cresson. Avec ce régime, il n'a pas tardé à dépérir.
" Seigneurs, écoutez ce beau miracle. Alors qu’il était chez lui, en train de prier et d’adorer Dieu dans son abri de feuillage, Gilles vit une biche sauvage arriver à son ermitage. La biche qui était d’une très grande beauté vint directement à l’entrée de la fosse en suivant le sentier qu’elle avait trouvé. Elle passa à travers les branches et pénétra sans crainte à l’intérieur. Les pis gonflés de lait, elle alla se coucher aux pieds de Gilles et lui offrit ses services. Quand il vit la biche à ses pieds, Gilles fut rempli de joie, car il se doutait bien que c’était Dieu qui la lui avait envoyée. Durant tout le temps où il vécut loin du monde, il se nourrit du lait de la biche." G. Berneville (de) La vie de Saint Gilles.

Jacques de Voragine, dans la Légende Dorée (13ième siècle), dit lui que:
"... il s'enfonça dans un désert où trouvant un antre avec une petite fontaine, il rencontra une biche sans doute disposée par Dieu pour lui servir de nourrice, elle venait à des heures fixes l'alimenter de son lait."

Mais un jour le roi était à la chasse et il voulait ramener une biche. Il l'a vue, l'a pourchassée pendant plusieurs jours. Un de ses chasseurs l'a même atteinte d'une flèche, mais elle courait toujours... Elle a fini par se glisser dans un fourré. Lancés à sa poursuite les chasseurs y ont découvert un jardin miraculeux et la cabane de Saint Gilles : aux pieds du saint, était couchée la biche et la flèche était fichée dans le bras du saint. On ne dit pas comment a fini la biche mais le roi, ému, a offert à Saint Gilles une abbaye...
St Gilles est devenu, entre autres, le protecteur des nourrices. Il est invoqué contre la peur pour avoir protégé la biche.
Et, comme le dit, Brigitte Charnier dans sa thèse de littérature médiévale sur la complainte de La Blanche Biche ("Je suis fille le jour et la nuit blanche biche...", la blanche biche finissant rôtie sur la table de son chasseur de frère) :
"La christianisation du motif ayant évacué l’union amoureuse, la biche blessée, médiatrice de l’autre monde, favorise la fondation, non pas d’une lignée, mais d’un lieu sacré : une abbaye..."
Jacques de Voragine introduit la vie de Saint Gilles en disant du saint
"... il fut divin par l'amour qui assimile l'amant avec l'objet aimé"
Quand à Stendhal, à propos de sa mère, voici ce qu'il raconte :
" Un soir, comme par quelque hasard, on m'avait mis coucher dans sa chambre par terre, cette femme vive et légère comme une biche sauta par-dessus mon matelas pour atteindre plus vite à son lit ".
"Biche, oh, ma biche...", ça c'est une chanson de 1963 où la pudeur est peut-être encore plus grande puisque, de la biche, il ne reste plus que les yeux...

mercredi 30 juillet 2008

L'enfant de sable, roman, Tahar Ben Jelloun

Extrait:
"... Abbas était la crapule intégrale. Il baissait la tête et les yeux quand il s'adressait à l'autorité. Avec sa mère il entretenait une relation étrange. Il dormait souvent dans le même lit qu'elle, posant la tête entre ses seins. On dit qu'il n'avait jamais été sevré du sein, et que sa mère avait continué de l'allaiter jusqu'à un âge avancé, bien au delà de la puberté. Sa mère l'aimait avec violence. Elle le battait avec une canne cloutée et lui disait qu'il était son homme, son unique homme... "

Dans le roman il y a d'autres allusions plus érotiques et violentes, à des vieux (hommes ou femmes) qui têtent le sein d'une jeune femme mais sans allaitement...

dimanche 8 juin 2008

Le lait de l'ogresse dans la peau d'un de ses enfants

Le Conte s'appelle "le Chauve Pouilleux".
Il est raconté par le conteur Hamadi, conteur originaire du Rif marocain, qui vit et travaille depuis longtemps en Belgique et ailleurs.. Il dit l'avoir recueilli auprès de sa mère Khadidja Fares. Voir Bibliographie.
C'est l'histoire d'un héros qui se dissimule sous l'apparence d'un mendiant chauve et fouilleur d'ordure après être tombé amoureux de la 7ième fille du Roi (qu'il a sauvé de l'ogre). Sous sa vraie "apparence" il accomplit, "en mercenaire", les tâches extraordinaires que le Roi demande d'exécuter aux prétendants de ses 7 filles. En échange le héros leur demande des gages...
Une des épreuves est de rapporter du lait d'ogresse dans une outre faite de la peau d'un de ses enfants.
Le héros achète le plus gros des béliers, qu'il peut trouver, l'égorge , le dépèce et l'offre aux 6 enfants de l'ogresse en son absence. Il se cache et attend. Quand l'ogresse rentre, elle dit "que celui qui a fait cette offrande et qui a nourri mes enfants de la sorte soit lui même rassasié de ma reconnaissance. Si je pouvais payer ma dette, je lui offrirais de mon lait dans la peau même d'un de mes enfants s'il le demandait". Le jeune homme sort de sa cachette. Il dit : "Notre mère, l'ogresse, je suis celui-là. Paie ton dû en tenant ta promesse. L'ogresse dit: "Prends celui de mes fils qui est aveugle. Emmène là où le bruit de ses cris n'arrivera pas à moi. Tue-le. Reviens avec l'outre que tu auras confectionné de sa peau et je te la remplirai de mon lait". Il part, étrangle le petit de l'ogre, le dépèce, confectionne une outre à l'aide de sa peau et revient chez l'ogresse. Occupée à manger avec ses enfants, elle ne voit pas que le jeune homme la trait. Dès qu'il a rempli l'outre, il s'enfuit. Quand elle a fini, l'ogresse le cherche sans le trouver. Elle lui dit : "Va, ta vie est longue et ton destin sans embûches. Si je t'avais attrapé, de ton sang je n'aurais fait qu'une gorgée et de ton corps une bouchée."
Bien sûr le héros finit par se faire reconnaître et épouse la fille du Roi dont il est amoureux.
Questions :
- Dans les autres épreuves ce que doivent rapporter les gendres sont des aliments médicaments. Pour cette épreuve rien n'est précisé. Que va faire le roi du lait de l'ogresse ?
- Je comprends la ruse du héros ainsi : prise au piège de ses propres paroles l'ogresse essaie de gagner du temps en sacrifiant son enfant le plus faible. Le héros l'a compris , d'autant que si on se réfère aux autres contes (dans ce blog, cliquer sur "téter l'ogresse") celui qui boit le lait de l'ogresse devient son fils... Si le héros et le Roi gouttent au lait de l'ogresse, l'ogresse aura "gagné" 2 fils. Qu'en pensez vous ?

vendredi 30 mai 2008

Frida Kahlo : "L'Etreinte amoureuse de l'univers, la terre, moi, Diego et Monsieur Xolotl"


C'est un tableau qui date de 1949.
De la Terre s'échappe une goutte de lait.
Des yeux de Frida, des larmes.
Frida Kahlo tient dans ses bras son mari.
Certes, elle n'allaite pas mais quitte à déborder un peu du sujet et à parler d'étreinte amoureuse, cette façon de le peindre a le mérite du cosmique.
Le chien qui dort sur le bras de l'univers est le propre chien de Frida Kahlo. Son nom, Monsieur Xolotl vient d'un ancien dieu mexicain à tête de chien, gardien du royaume des morts.
Je vous encourage à aller en voir la reproduction, non pas dans un musée (il fait partie d'une collection privée à Mexico) mais dans le livre de la collection Palette, par exemple : Frida Kahlo, Une peinture de combat.
Il y a dans ce blog un autre tableau de Frida Kahlo, allez voir dans l'index ou les archives...

lundi 19 mai 2008

Quelqu'un regarde


Je lis une sorte de "soulagement" dans l'attitude de la jeune femme...
Tableau du 19ième siècle de François Xavier Fabre.
Image issue du fond photographique de la réunion des musées nationaux.

Les 7 oeuvres de Miséricorde du Caravage

C'est un tableau monumental (3,90 x 2,60) visible à l'Eglise de Pio Monte della Misericordia à Naples.
Les 7 oeuvres de misericorde corporelle que l'on doit accomplir sont (d'après St Mathieu) :
- Nourrir les affamés.
- Donner à boire aux assoiffés.
- Vêtir les dénudés.
- Héberger les sans-logis.
- Libérer les prisonniers.
- Visiter les malades.
- Ensevelir les morts (cette oeuvre sera rajoutée au XIIIème siècle).
Le Caravage semble en avoir une interprétation toute personnelle...
La reproduction est un peu petite mais (cliquez pour agrandir) en bas à droite, à côté des pieds du cadavre et du porteur de flambeau, il y a une femme allaitant (en douce ?) un homme dont on ne voit que la tête.
Qu'en pensez vous ? L'avez vous vu ? Connaissez vous d'autre tableaux du Caravage sur ce motif ?
Les 2 images proviennent livre "Caravage, la gloire d'un scélérat" de Gilles Lambert.

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