Rose of Sharon, de la famille migrante étatsunienne des Joad, accouche dans les pages précédentes d'un enfant mort-né. Peu de temps après, le camp est inondé, et les derniers Joad se remettent en route, à pied, pour trouver abris dans une grange. Dans un coin de celle-ci, un garçon attire leur attention sur son père qui est en train de mourir de faim. Ma (la mère) fait alors sortir tout le monde de la grange à l'exception de cet homme et de sa propre fille.....

"For a minute Rose of Sharon still in the whispering barn. Then she hoisted her tired body up and drew the comfort about her. She moved slowly to the corner and stood looking down at the wasted face, into the wide, frightened eyes. Then slowly she lay down beside him. He shook his head slowly from side to side. Rose of Sharon loosened one side of the blanket and bared her breast. "You got to," she said. She squirmed closer and pulled his head close "There!" she said. "There." Her hand moved behind his head and supported it. Her fingers moved gently in his hair. She looked up and across the barn, and her lips came together and smiled mysteriously."
The Grapes of Wrath
, Text and Criticism. Ed. Peter Lisca. New York: Viking, 1972, 453.

"Dans la grange pleine de chuchotements et de murmures, Rose de Sharon resta un instant immobile. Puis elle se remit péniblement debout, serrant le châle autour de ses épaules. Lentement, elle gagna un coin de la grange et se tint plantée devant l'étranger, considérant la face ravagée, les grands yeux angoissés. Et lentement elle s'étendit près de lui. Il secoua faiblement la tête. Rose de Sharon écarta un coin du châle, découvrant un sein.- Si, il le faut, dit-elle.Elle se pressa contre lui et attira sa tête vers elle.- Là! Là.Sa main glissa derrière sa tête et la soutint. ses doigts caressaient doucement les cheveux de l'homme. Elle leva les yeux, puis les baissa et regarda autour d'elle dans l'ombre de la grange. Alors ses lèvres se rejoignirent dans un mystérieux sourire."
STEINBECK (JOHN) Les raisins de la colère. Gallimard, Paris, 1947. Traduit de l'anglais par Marcel Duhamel et M.-E Coindreau.

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dimanche 6 février 2011

Le sein. Une histoire, Marilyn Yalom

A qui appartiennent les seins ?
C'est la question que pose Marilyn Yalom dans son livre "Le sein. Une histoire" paru en 2010 (traduction française) chez Galade éditions.
C'est un essai éminemment politique, féministe et... non dogmatique.
En ce qui concerne le propos de ce blog, j'y ai découvert quelques pistes en ce qui concerne Isis, l'existence de vases préhistoriques en forme de sein et chez Marie Antoinette également, une chanson de nourrice toscane du 16ième siècle, le lait mystique, Lady Macbeth qui veut transformer son lait en bile pour redonner de l'agressivité à son mari, la Fête de la régénération à Paris en 1793, les préconisations d'Ambroise Paré médecin du 16ième siècle, et la merveilleuse Sojourner Truth  militante antiesclavagiste capable de découvrir ses seins devant un parterre d'opposants pour leur faire honte.
Mais il y a beaucoup d'autre sujets qui y sont traités de la préhistoire à aujourd'hui dont bien sûr le motif de la Charité Romaine sur lequel je n'ai pas appris grand chose de plus même s'il est dans la droite ligne de l'appropriation par les hommes du corps des femmes. Juste une petite précision : à l'époque ou Pline raconte l'histoire de la Piété filiale, les femmes des classes supérieures, à Rome, n'allaitent plus... peut-être par coquetterie, mais sans doute plus encore parce que leur maris sont pressés qu'elles soient à nouveau "disponibles" et fécondes afin de leur donner  une descendance. Les exigences des hommes sont parfois bien contradictoires...
Elisabeth Badinter dit de ce livre :  "Histoire à suivre pour mieux comprendre le monde dans lequel on vit"