Rose of Sharon, de la famille migrante étatsunienne des Joad, accouche dans les pages précédentes d'un enfant mort-né. Peu de temps après, le camp est inondé, et les derniers Joad se remettent en route, à pied, pour trouver abris dans une grange. Dans un coin de celle-ci, un garçon attire leur attention sur son père qui est en train de mourir de faim. Ma (la mère) fait alors sortir tout le monde de la grange à l'exception de cet homme et de sa propre fille.....

"For a minute Rose of Sharon still in the whispering barn. Then she hoisted her tired body up and drew the comfort about her. She moved slowly to the corner and stood looking down at the wasted face, into the wide, frightened eyes. Then slowly she lay down beside him. He shook his head slowly from side to side. Rose of Sharon loosened one side of the blanket and bared her breast. "You got to," she said. She squirmed closer and pulled his head close "There!" she said. "There." Her hand moved behind his head and supported it. Her fingers moved gently in his hair. She looked up and across the barn, and her lips came together and smiled mysteriously."
The Grapes of Wrath
, Text and Criticism. Ed. Peter Lisca. New York: Viking, 1972, 453.

"Dans la grange pleine de chuchotements et de murmures, Rose de Sharon resta un instant immobile. Puis elle se remit péniblement debout, serrant le châle autour de ses épaules. Lentement, elle gagna un coin de la grange et se tint plantée devant l'étranger, considérant la face ravagée, les grands yeux angoissés. Et lentement elle s'étendit près de lui. Il secoua faiblement la tête. Rose de Sharon écarta un coin du châle, découvrant un sein.- Si, il le faut, dit-elle.Elle se pressa contre lui et attira sa tête vers elle.- Là! Là.Sa main glissa derrière sa tête et la soutint. ses doigts caressaient doucement les cheveux de l'homme. Elle leva les yeux, puis les baissa et regarda autour d'elle dans l'ombre de la grange. Alors ses lèvres se rejoignirent dans un mystérieux sourire."
STEINBECK (JOHN) Les raisins de la colère. Gallimard, Paris, 1947. Traduit de l'anglais par Marcel Duhamel et M.-E Coindreau.

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dimanche 7 novembre 2010

Celui qui têta quarante ans, conte populaire du Languedoc (vallée du Lauquet)

Conte raconté par Jean Bedios, né en 1905, du village de Ladern, et collecté entre 1958 et 1978 par Jean Guilaine.
Résumé du conte, les passages en exergue sont extraits du texte:
Un couple n'a qu'un fils. Ils ne l'envoient pas à l'école parce qu'il tète toujours. Quand il a 10 ans, ils tentent de l'envoyer à l'école mais avant même de passer la porte le garçon fait demi tour et se précipite dans leurs bras. Ils décident de le garder et de le faire téter dix ans de plus. Quand il a 20 ans, ses parents "décident de faire un sacrifice", lui demande ce qu'il veut faire comme métier. Il répond "bûcheron" alors ils lui font forger des outils. Mais sur le seuil, l'enfant entend ses parents pleurer, il éclate en sanglots
- Reste lui dire les parents. Tu téteras vingt ans de plus.
Le petit écouta ses parents et resta à la maison familiale vingt ans de plus.
A quarante ans, après toutes ces tétées successives, il était devenu fort comme un Hercule. Il put alors se préparer à son métier de bûcheron. Mais avant de partir il se fit faire une hache bien plus forte que la première, des coins énormes et une masse colossale.
Il quitta ainsi ses parents....
Il marche à travers la forêt et arrive dans un château. On l'embauche mais il est si fort qu'il fait plus de dégâts qu'autre chose. Avec un cheval tenu par la queue il met en déroute l'armée du roi ennemi, le roi
entra alors dans une telle joie qu'il promit au bûcheron de le nourrir sans travailler jusqu'à la fin de ses jours.
Ce conte m'a été signalé par Valérie Cabrol (Le tétaïre du Somail) et il se cachait dans ma bibliothèque : Récits et contes populaires du Languedoc (2) recueillis par Jean Guilaine dans la vallée du Lauquet, Gallimard 1978.